Et si votre prochaine clôture poussait au lieu d’être construite ?
Pour protéger une plantation, délimiter une propriété ou empêcher les animaux de pénétrer dans une parcelle, le grillage n’est pas la seule solution.
En Afrique, les clôtures végétales, aussi appelées haies vives, sont utilisées depuis longtemps autour des champs, des jardins et des habitations. Certaines espèces sont épineuses, d’autres produisent une végétation très dense, tandis que certaines peuvent en plus fournir des fruits, du bois, du fourrage ou d’autres produits utiles.
La FAO décrit les haies vives comme des plantations destinées notamment à protéger les cultures et les jardins, et souligne qu’elles peuvent également fournir du bois, des fruits, du fourrage ou servir de brise-vent.
Voici 10 plantes à connaître pour créer une clôture végétale en Afrique.
1. Le campêche : une véritable barrière épineuse
Nom scientifique : Haematoxylum campechianum
Le campêche mérite une place particulière dans cette liste.
Cet arbuste ou petit arbre possède des branches épineuses et fortement ramifiées. Lorsqu’il est planté suffisamment près les uns des autres et régulièrement entretenu, il peut former une haie dense et difficile à traverser.
C’est exactement ce que l’on recherche pour une clôture végétale défensive.
Le campêche peut notamment être envisagé autour :
- des exploitations agricoles ;
- des jardins ;
- des pépinières ;
- des propriétés rurales ;
- de certaines zones d’élevage.
Son intérêt ne se limite d’ailleurs pas à la clôture : son bois est également connu pour ses usages comme source de colorants naturels.
Pour une plantation destinée à former une barrière, la densité et la taille sont essentielles.
Atout principal : ses épines et sa capacité à former une végétation dense.
2. Le jujubier : la clôture qui produit des fruits
Nom scientifique : Ziziphus mauritiana
Le jujubier est particulièrement intéressant parce qu’il peut remplir plusieurs fonctions à la fois.
C’est un arbre épineux largement naturalisé dans les régions tropicales d’Afrique. Il est notamment reconnu comme espèce potentielle pour les brise-vent et les haies vives.
Ses fruits sont également consommés.
Pour un agriculteur, cela signifie qu’une haie peut servir simultanément à :
protéger + délimiter + produire.
Le jujubier est particulièrement intéressant dans les zones où les conditions climatiques correspondent à ses besoins.
Atout principal : une haie défensive pouvant également produire des fruits.
3. L’euphorbe crayon : la clôture des zones sèches
Nom scientifique : Euphorbia tirucalli
L’euphorbe crayon est l’une des plantes les plus connues pour les clôtures végétales dans plusieurs régions d’Afrique.
Elle est particulièrement intéressante dans les zones relativement sèches et possède une bonne capacité à supporter des conditions difficiles.
Des sources du CIFOR indiquent que Euphorbia tirucalli est largement utilisée comme plante de haie dans les zones rurales d’Afrique de l’Est.
La FAO la cite également parmi les espèces adaptées aux haies vives.
Elle peut être multipliée à partir de morceaux de tiges, ce qui constitue un avantage important pour établir rapidement une longue ligne de clôture lorsque les conditions sont favorables.
Attention toutefois : son latex est irritant et toxique. Il faut donc éviter tout contact avec les yeux et la peau et prendre des précautions lors de la manipulation.
Atout principal : rusticité et facilité de multiplication.
4. Le carissa : une haie dense et épineuse
Nom scientifique : Carissa macrocarpa
Le carissa est un arbuste originaire d’Afrique australe et orientale.
Il possède un port dense et des branches épineuses, ce qui lui donne un intérêt évident pour les haies défensives.
Il peut également être intéressant pour les jardins et les propriétés où l’on recherche une haie à la fois esthétique et protectrice.
Kew répertorie Carissa macrocarpa comme une espèce originaire de plusieurs régions d’Afrique australe et orientale.
Atout principal : densité, aspect ornemental et caractère épineux.
5. Le Dovyalis : une haie qui peut produire des fruits
Nom scientifique : Dovyalis caffra
Également appelé pomme de Kei, le Dovyalis caffra est un arbuste épineux originaire d’Afrique australe.
Il est particulièrement intéressant pour les haies parce qu’il peut être conduit de manière dense.
La FAO le répertorie explicitement parmi les espèces adaptées aux clôtures végétales en Afrique.
Son autre avantage est la production de fruits.
On retrouve donc encore une fois le principe de la clôture productive : au lieu d’occuper simplement la limite de la parcelle, la haie peut également fournir une production.
Atout principal : haie défensive + production fruitière.
6. Le bougainvillier : une clôture spectaculaire
Genre : Bougainvillea
Le bougainvillier est surtout connu comme plante ornementale.
Mais ses branches épineuses et son développement vigoureux peuvent également en faire un candidat intéressant pour créer une barrière végétale autour d’une propriété.
La FAO cite les Bougainvillea spp. parmi les espèces utilisées pour les clôtures végétales.
Son avantage est évident : une haie de bougainvillier peut être à la fois décorative et dissuasive.
Elle convient particulièrement aux maisons, jardins, restaurants, domaines et propriétés où l’on souhaite associer protection et esthétique.
Atout principal : esthétique + épines.
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7. L’acacia : pour les grandes exploitations
Genre : Acacia
Les acacias constituent un groupe très important dans les systèmes agroforestiers africains.
Certaines espèces possèdent des épines particulièrement développées et peuvent être utilisées pour créer des barrières végétales.
La FAO cite notamment plusieurs espèces d’Acacia parmi les plantes adaptées aux clôtures vivantes.
Dans les zones sèches et semi-arides, certaines espèces peuvent être particulièrement intéressantes.
Cependant, il faut absolument choisir l’espèce adaptée à la zone climatique et au projet plutôt que de planter n’importe quel Acacia.
Atout principal : adaptation de nombreuses espèces aux zones sèches et caractère défensif.
8. Le sisal : une barrière difficile à franchir
Nom scientifique : Agave sisalana
Le sisal n’est pas un arbre, mais il peut parfaitement jouer le rôle d’une clôture végétale.
Ses longues feuilles rigides terminées par des pointes forment une barrière physique très dissuasive.
La FAO répertorie l’agave parmi les espèces utilisées pour les clôtures vivantes.
Il peut notamment être utilisé pour délimiter certaines parcelles agricoles ou créer une séparation autour d’un terrain.
Son autre intérêt est évidemment la production de fibres de sisal, ce qui peut transformer une simple clôture en ressource agricole.
Atout principal : feuilles rigides et très défensives + production de fibres.
9. Le Gliricidia : une clôture productive
Nom scientifique : Gliricidia sepium
Le Gliricidia est différent des plantes précédentes.
Il n’est pas principalement intéressant pour ses épines, mais pour sa capacité à être utilisé comme haie vive et arbre agroforestier.
Le CIFOR indique qu’il s’agit probablement de l’une des espèces de haies vives les plus courantes dans les régions tropicales et souligne son intérêt pour l’agroforesterie grâce notamment à sa capacité de fixation de l’azote et à l’utilisation de ses feuilles comme mulch et engrais vert.
C’est donc une excellente option lorsqu’on veut une clôture qui participe également à la gestion de la fertilité et de la biomasse de l’exploitation.
Atout principal : clôture + biomasse + agroforesterie.
10. Le Ziziphus abyssinica : une option africaine à épines
Nom scientifique : Ziziphus abyssinica
Moins connu du grand public que le jujubier commun, le Ziziphus abyssinica fait partie des espèces africaines citées pour les clôtures vivantes.
La FAO le répertorie parmi les espèces adaptées aux clôtures végétales en Afrique.
Comme plusieurs espèces du genre Ziziphus, il possède une architecture pouvant être intéressante pour créer une barrière végétale.
Son intérêt doit toutefois être évalué selon la région, le climat et la disponibilité des plants.
Atout principal : espèce épineuse adaptée à certains environnements africains.
Quelle plante choisir pour votre clôture végétale ?
Il n’existe pas une plante parfaite pour toute l’Afrique.
Le choix doit dépendre principalement du climat, du sol, de l’objectif de la clôture et de la disponibilité des plants.
| Plante | Défensive | Production | Zone à privilégier |
|---|---|---|---|
| Campêche | ⭐⭐⭐⭐⭐ | Bois/colorant | Tropical |
| Jujubier | ⭐⭐⭐⭐⭐ | Fruits | Tropical à sec |
| Euphorbe tirucalli | ⭐⭐⭐⭐ | Biomasse | Sec à semi-aride |
| Carissa | ⭐⭐⭐⭐⭐ | Fruits | Tropical/subtropical |
| Dovyalis | ⭐⭐⭐⭐ | Fruits | Tropical/subtropical |
| Bougainvillier | ⭐⭐⭐⭐ | Ornementale | Tropical |
| Acacia | ⭐⭐⭐⭐⭐ | Bois/fourrage selon espèce | Sec à tropical |
| Sisal | ⭐⭐⭐⭐⭐ | Fibres | Tropical sec |
| Gliricidia | ⭐⭐ | Biomasse/agroforesterie | Tropical humide |
| Ziziphus abyssinica | ⭐⭐⭐⭐⭐ | Fruits/ressources | Zones adaptées à l’espèce |
Quelle plante choisir en Côte d’Ivoire ?
Pour une exploitation en Côte d’Ivoire, il ne faut pas simplement choisir la plante qui semble la plus impressionnante.
Il faut regarder la zone agroclimatique et la fonction recherchée.
Pour une propriété ou une exploitation située dans une zone humide, certaines espèces tropicales peuvent être privilégiées.
Pour une zone plus sèche, les espèces capables de supporter des périodes de déficit hydrique deviennent plus intéressantes.
Et pour une exploitation agricole, une question supplémentaire doit être posée :
Pourquoi construire une clôture qui ne produit rien ?
Une haie peut produire des fruits, du bois, de la biomasse, du fourrage, des fibres ou contribuer à la protection des sols.
C’est tout l’intérêt de la haie vive multifonctionnelle.
Comment planter une clôture végétale ?
La technique dépend fortement de l’espèce.
Certaines plantes se multiplient facilement par bouturage, tandis que d’autres sont généralement installées à partir de plants issus de semis ou de pépinière.
La FAO recommande, pour les haies vives, de privilégier les espèces qui ont beaucoup de branches basses, supportent la taille répétée et sont faciles à multiplier.
1. Définir la ligne de clôture
Commencez par matérialiser précisément la limite à protéger.
2. Préparer la bande de plantation
Nettoyez les mauvaises herbes et ameublissez le sol si nécessaire.
3. Choisir la bonne densité
Plus l’objectif est de créer rapidement une barrière compacte, plus la plantation doit être réfléchie.
Certaines haies peuvent être installées en rang simple, tandis que d’autres peuvent être conduites en double rangée décalée.
La FAO donne, pour certaines espèces et certains systèmes, des exemples de plantations très rapprochées destinées à obtenir rapidement une barrière dense. Mais la distance doit toujours être adaptée à l’espèce et aux conditions locales.
4. Entretenir régulièrement
Le désherbage et surtout la taille sont déterminants.
Une haie qui n’est jamais taillée peut devenir haute et clairsemée à sa base.
Or, pour une clôture défensive, la densité au niveau du sol est particulièrement importante.
Une clôture végétale peut-elle remplacer complètement un grillage ?
Pas toujours.
Une haie vive est une barrière biologique, mais elle n’offre pas nécessairement le même niveau de sécurité qu’une clôture métallique.
Pour une exploitation agricole, une combinaison peut être plus pertinente :
grillage + haie végétale
Le grillage fournit une protection immédiate tandis que la végétation se développe progressivement et peut ensuite renforcer la séparation.
Les avantages d’une clôture végétale
Une haie bien conçue peut offrir plusieurs avantages :
🌱 Elle pousse
Contrairement à un poteau métallique, elle continue de se développer.
🐐 Elle peut limiter l’entrée des animaux
C’est l’une des fonctions historiques des haies vives en Afrique. Des travaux documentés par la FAO décrivent leur utilisation pour protéger les cultures du bétail en divagation.
🌳 Elle peut produire
Selon l’espèce :
fruits + bois + biomasse + fourrage + fibres.
🌬️ Elle peut jouer un rôle de brise-vent
Une haie correctement implantée peut également contribuer à réduire l’effet du vent sur certaines parcelles.
🐦 Elle participe au paysage agricole
Une clôture végétale apporte une véritable infrastructure écologique à l’exploitation.
Attention : toutes les plantes ne conviennent pas partout
C’est probablement le point le plus important.
Une plante peut être excellente comme haie dans une région et devenir problématique ailleurs.
Certaines espèces introduites peuvent notamment devenir envahissantes dans certaines conditions.
Il faut donc toujours vérifier :
- l’adaptation climatique ;
- le comportement de l’espèce dans la région ;
- sa disponibilité ;
- les risques d’invasion ;
- sa toxicité éventuelle ;
- la proximité des habitations et des enfants ;
- les besoins en eau ;
- la réglementation locale.
Une clôture végétale doit être pensée comme un système agricole, pas simplement comme une rangée de plantes.
Conclusion
Les clôtures végétales représentent une solution particulièrement intéressante pour les exploitations agricoles africaines.
Campêche, jujubier, euphorbe, carissa, Dovyalis, bougainvillier, acacias, sisal, Gliricidia et Ziziphus offrent chacun des possibilités différentes.
Mais le véritable intérêt d’une haie vive est ailleurs.
Au lieu de consacrer une bande de terrain à une clôture qui ne produit rien, le producteur peut créer une infrastructure végétale multifonctionnelle : protection, délimitation, biodiversité, biomasse, fruits, fibres ou amélioration du système agroforestier.
Et dans une agriculture qui cherche à réduire les déchets et à mieux valoriser chaque ressource, c’est une logique qui mérite d’être développée.
FAQ – Clôture végétale en Afrique
Quelle est la meilleure plante pour faire une clôture végétale ?
Il n’existe pas une meilleure plante universelle. Le choix dépend du climat, du sol, de l’objectif et de la disponibilité des plants. Pour une haie défensive, les espèces épineuses comme certains Ziziphus, Acacia, Dovyalis ou le campêche sont particulièrement intéressantes.
Quelle plante choisir pour empêcher les animaux d’entrer dans une plantation ?
Les haies épineuses et très denses sont particulièrement adaptées à cet objectif. Le choix doit cependant être adapté au type d’animaux concernés et à la région.
Quelle plante pousse rapidement pour faire une clôture ?
Certaines espèces, notamment Euphorbia tirucalli dans des conditions favorables, peuvent être établies relativement rapidement. La vitesse réelle dépend toutefois du climat, du sol et de la conduite de la haie.
Peut-on faire une clôture végétale avec du campêche ?
Oui. Le campêche possède des branches épineuses et peut être conduit en haie dense, ce qui en fait une espèce intéressante pour les clôtures végétales.
Quelle clôture végétale choisir en Côte d’Ivoire ?
Il faut choisir selon la zone climatique et la fonction recherchée. Pour une exploitation ivoirienne, une petite parcelle d’essai permet de vérifier la croissance et la densité avant d’installer plusieurs centaines de mètres de haie.

